Notre hiver 2009 en Argentine

4ième semaine texte

DIMANCHE LE 8 FÉVRIERNous avons décidé de demeurer une journée de plus à Ushuaïa. Est-ce à cause du beau temps, des gens, du décor ou du mysticisme entourant cet endroit…Je crois que c’est tout cela à la fois. Nous avons aussi un grand plaisir à discuter avec notre nouvel ami Daniel. C’est bizarre comment les voyages mettent sur nos routes des gens spéciaux. L’hiver dernier ce fut Bernard au Costa Rica et cette année, c’est Daniel. Avec lui, tout est facile. Il a de l’entregent, il a des conversations enrichissantes et il est ouvert à toutes les expériences que les voyages peuvent offrir.

Dire que nous achevons notre troisième semaine. Dieu que le temps passe vite. Aujourd’hui, nous avons décidé de faire une ballade en mer en achetant une croisière de courte durée. Daniel y allait déjà et il nous a semblé intéressant de l’accompagner. Diane adore les croisières. C’est souvent le moyen idéal pour faire de belles découvertes ornithologiques.

Nous quittons le port de Ushuaïa vers 9h30, après avoir pris un solide déjeuner pour éviter le mal de mer. Nous allons naviguer sur le canal Beagle dont je vous ai dit quelques mots dans mon dernier journal. En résumé, ce canal qui est un passage sécuritaire entre l’Atlantique et le Pacifique fut découvert au début du dernier siècle soit vers les année 1910 et Ushuaïa a été habité pour la première fois tard au 19ième siècle, vers les années 1880. Faut dire que depuis des siècles, le Cap Horne était le seul passage connu. Celui-ci est connu pour ses vents violents presque 12 mois sur 12. Combien de navigateurs ont perdu la vie en tentant de le passer. La course des grands voiliers qui fait le tour du monde y passe avec tous les risques que ça comprend. Ruff y a laissé sa vie il y a quelques années. Le détroit de Magellan et le canal Beagle sont devenus des passages plus sécuritaires parce que la température y est plus clémente.Par très beau temps, nous parcourons donc une cinquantaine de kilomètres sur le canal Beagle qui en compte 140 d’un océan à l’autre. Nous voyons des bêtes déjà observées telles, les lions de mer et les pingouins. Mais des surprises nous attendent. Un ou deux albatros nous croisent en remontant le canal vers l’Atlantique. L’albatros est un oiseau qui avant de procréer, ce qu’il ne fera pas avant l’âge de 5 ans, passera sa vie en mer sans mettre le pied sur la terre ferme. C’est le champion du vol. C’est un planeur né. Ses ailes font 8 pieds (2.4m) d’amplitude. Le bateau a passé un moment donné dans un groupe d’albatros qui se trouvaient sans doute à bouffer dans un banc de poissons. Leur envolé fut tout un spectacle. Des centaines d’albatros étaient là à marcher sur l’eau avant de prendre l’air. Autour d’eux, sternes petites et grandes, cormorans et pétrels se mariaient au spectacle dans un envol commun. Ce fut un délice aux yeux de Diane et du photographe amateur que je suis.Puis ce fut la rencontre d’une nouvelle espèce de pingouin, celui au pied et au bec rouge. De quoi satisfaire pleinement mon ornithologue amateur.

Le retour s’est fait plus rapide, par grand vent et en première classe SVP tout au haut du bateau. Ce fut une belle journée mais j’ai des réserves sur le coût de cette petite croisière. A 200 pesos (80$) par personne sans dîner sur le catamaran…c’est à bien y penser. Personnellement, je ne vous le recommanderais pas à moins que vous adoriez la mer et la ballade en bateau. Mais lors de ce type d’excursions on peut y faire des rencontres très intéressantes comme ce fut le cas pour Diane et moi avec un couple de la Hollande. Mais rapport qualité-prix…c’est pas terrible.

Une journée comme cela n’arrange pas un rhume. Bon, Diane m’avait bien averti pourtant. Il accroche ce maudit rhume. Je dois être plus prudent. On fini l’après-midi autour d’un bon café pour Daniel et moi et un chocolat chaud pour Diane. Les argentins ne l’ont pas encore tout à fait pour le café. Il n’est pas assez fort…trop de lait. Bon…ils apprendront, comme dans le vin.

Vers 18h00, nous invitons Daniel à venir prendre l’apéro. On a une bouteille de champagne que nous voulions ouvrir à Ushuaïa et l’occasion ne s’était pas encore prêtée. Daniel apporte les amuse gueule…fromage du pays et jambon séché. Comme nous quittons demain, on ouvre donc le champagne en fêtant mon anniversaire 4 jours en avance. Excellent champagne argentin. Vraiment, rien à envier à la France. On placote de tout et de rien et on apprécie beaucoup la présence de Daniel qui connaît maintenant un peu plus l’histoire de nos filles et ça nous rapproche encore plus sur e plan des valeurs de la vie.

Comme souper…nous sommes unanimes, nous retournons chez Moustachio goûter au mouton. Ah ! Quelle viande de mouton. Succulente et aucun arrière goût de laine ou de vieux chausson. Un délice. Encore meilleur que l’autre soir et notre complicité avec les serveurs encore plus grande. J’ai même osé demander la recette de leur sauce à l’ail qu’ils m’ont donnée avec plaisir. Une soirée des plus agréable, arrosé d’un bon rouge, Santa Julia de Mendosa. Que demander de mieux. Il ne nous restait plus qu’à aller au lit. Quelle belle nuit….

 

LUNDI, LE 9 FÉVRIERDaniel est déjà attablée. Il m’informe que Tomas, un jeune argentin en voyage à Ushuaïa avec ses parents, me cherche pour savoir comment fonction mon blog.

Tomas est un jeune garçon d’une douzaine d’années peut-être, car il est costaud. Jeune brillant qui s’exprime bien en anglais et qui a une personnalité attachant. Il est brillant dans ses échanges, je dirais aussi mature. Nous le croisons souvent. Il est curieux et s’intéresse au Canada. Les études d’ingénieur l’intéressent et je crois qu’il aimerait venir les faire au Canada. On placote souvent avec lui. Il sait que j’ai un blog et beaucoup de photos, il veut donc y avoir accès mais l’ordinateur de l’hôtel semble avoir bloquer ce genre d’accès. Il veut absolument mon adresse MSN car il veut parler avec moi quand je serai au Québec. On échange tout ça et Daniel fait de même. Un petit bonhomme très attachant.

Bon le temps de partir arrive. On dit au revoir à Daniel que nous retrouverons à El Calafate mardi. Calafate, c’est le lieu d plus grand glacier au monde. On embrasse tout le monde. La jeune préposée à l’hôtel, fille du proprio, si gentil aussi. La jeune fille étudie à l’Université de Buenos Aires en cinéma et rêve venir au Canada pour faire un stage à l’ONF. Tout le monde y passe avec nos accolades. Ce fut un beau séjour.

Nous nous sommes rendu au bout du monde. Je pense encore au temps de ma jeunesse et goût que j’avais déjà d’aller ‘courailler’ quand le temps des vacances d’été était arrivé. J’avais 7, 8 ou 9 ans. Nous vivions à la campagne, entourés de familles avec beaucoup d’enfants. Se faire des copains était chose facile dans la mesure que ceux-ci partageaient les mêmes goûts. Notre terrain de jeu était la forêt située à plus d’un kilomètres derrière la maison. Un grand champ et un cour d’eau nous séparaient de cette forêt, qui ti-gars nous apparaissait bien invitante et périlleuse à la fois. Nous passions les étés à nous bâtir de camps et les reconstruire quand le printemps revenait. Ils étaient défaits soit par le poids de la neige ou pas d’autres petits voisins avec qui on ne partageaient pas les même goût pour la construction en forêt…Je me souviens, notre première excursions à l’arrivée des vacances était de grimper sur la première montagne et de regarder au loin les deux autres montagnes qui se succédaient. Elles étaient très loin, à plus de 4 ou 5 kilomètres et elles nous apparaissaient inaccessibles. Seul les grands de 10 ans ou 12 ans pouvaient s’y rendre. Je rêvais à l’été où je pourrais m’y rendre et construire un camp qui pourrait résister, du moins aux attaques orgueilleuses de certains jeunes voisins.

Ce goût d’aller plus loin, de se faire confiance et que le monde a tant à nous offrir me vient sans doute de ma jeunesse. La cour d’où nos parents nous guettaient ne me satisfaisait pas. C’était la troisième montagne qui m’intéressait d’atteindre avec les copains qui avaient la même curiosité que moi d’aller voir ce qu’il y avait de si différent sur cette montagne.

Je revis ce rêve, ici à Ushuaia, de m’être rendu si loin. Je rêve à cette troisième montagne que j’ai gravi un jour et quand j’ai regardé la première que j’avais conquise quelques années auparavant. Le mystère avait disparu mais j’avais renforci la certitude en moi que le monde est très petit certes, mais le découvrir est le plus grand défi que nous pouvons réaliser.

Puis on met le cap sur Rio Gallegos…on a un gros 600 km à faire…on remonte dans le nord et vers les grosses chaleurs. A nous la route…

Wow à Rio Grande…je photographie mon premier Condor des Andes…magnifique.

Le vent est terriblement fort dès que nous quittons la Cordillère pour entrer dans les grandes plaines de la Patagonie. Plein nord le vent. Ça me prend tout mon petit change pour garder la voiture sur la route. C’est épuisant d’autant plus que nous devons nous taper à nouveau les 120 kilomètres de garnotte, gravier et glaise. Je dois éviter les cailloux pointus causant une crevaison et surveiller constamment les véhicules qui me croisent afin de prévenir la pierre qui ferait éclater le pare-brise. Énervant et épuisant comme conduite. La station service en arrivant à la première douane est fermée. Merde, je n’aurai pas assez d’essence pour me rendre en Argentine. Je réussis à me rendre à Sombreros une petite ville du Chili avant la rentrée en Argentine et je prends quelques litres. Ce sera suffisamment sécuritaire pour le reste du trajet.

Le passage du détroit de Magellan est long. Les grands vents ralentissent les traversiers et rendent les manœuvres périlleuses. On prendra près de deux heures pour traverser le détroit au lieu d’une demi-heure par vent molo.

On repasse les frontières du Chili et de l’Argentine. On ressort les tampons pour les passeports. Je dois m’excuser auprès de l’Argentine et ses fonctionnaires des douanes. Cette fois-ci, ce fut plus expéditif de part et d’autre des deux frontières.

On arrive à Rio Gallegos vers 19h00, épuisés et affamés. On passe à la grande surface et on se prend du poulet. Le souper est servit et le lit bienvenue. J’écris ces dernières lignes alors que les yeux me ferment. Demain, journée moins éreintante… Nous avons quelques 250 kilomètres à faire pour nous rendre à El Calafate où nous passerons sans doute deux jours. J’ai le goût d’y faire de l’équitation dans les montagnes en plus de visiter le glacier.

En arrivant à Rio Gallegos, je repensais à notre séjour à Ushuaïa. Le plus pénible je crois, c’est cette fameuse route gravelée. Incompréhensible que ce soit ainsi pour se rendre à un endroit aussi touristique. On oublie vite par contre une fois le trajet accompli mais il faut le savoir. Le pays, une île, Terra del Fuego est unique par ses paysages, ses habitants et ses richesses naturelles. C’est un autre pays au bout du monde tellement il tranche avec les reste de l’Argentine. Il est unique et pour cette raison, s’y rendre est une magnifique expérience. De constater cette grande différence entre l’hémisphère nord et sud est saisissant. C’est un territoire choyé pour son climat relativement stable 12 mois par année et par ce qu’on peut y contempler, peu import nos goûts comme visiteur de l’extérieur. Mais avant tout, c’est l’hospitalité, la cuisine des viandes et les grands espaces spectaculaires. Ushuaïa c’est peut être le bout du monde…mais vous ne vous y sentez jamais perdu.

Là-dessus…nous remontons lentement vers le nord en essayant de rien manquer aux beautés de l’Argentine et du Chili, côté des Andes.

Au demain, je dors déjà.

MARDI, LE 10 FÉVRIERNotre réveil est tardif. Il est presque 9h00. Le temps est splendide. Le ciel est bleu mur à mur. Beau temps pour prendre la route une autre fois et cette fois-ci, pour la première fois, nous traverserons l’Argentine d’Est en Ouest. Un parcours de 300km, de Rio Gallegos et El Calafate, aux pieds des Andes argentines. Nous y allons spécialement pour le plus grand glacier au monde classé comme la 25ième merveille, le glacier Perito Moreno. Un phénomène spécial se déroule autour de ce fameux glacier. Il est situé à l’extrême ouest du magnifique lac Argentino et son mouvement de descente continue vers la péninsule Magallenes vient qu’à former un bouchon pour un des bras de cette péninsule. Ainsi l’eau monte et monte dans ce bras, le brazo rico et au quatre ans, le bouchon cède et la glace se rompt pour évacuer l’eau dans le lac. Le réchauffement de la planète a fait en sorte que ce bouchon n’a pas sauté depuis maintenant 6 ou 7 ans. Une histoire que mon hôte de Buenos Aires m’a apprise avant de partir pour notre grande virée. Alors demain, nous allons nous y rendre. C’est à 80hm de El Calafate où nous dormons ce soir.Notre voyage vers El Calafate a été aussi turbulent qu’hier. Des vents violents balayaient la steppe patagonienne et il était même difficile de garder notre ligne droit en conduisant. Il fallait être prudent et avoir toute mon attention sur la route et le volant quand je croisais un autobus. Je sentais l’auto se promener comme une feuille au vent. J’avais de la pitié et de l’admiration pour les vélos que nous rencontrions. On a eu même rencontré un couple de cyclistes, vélos par terre, bagages par-dessus et découragé par le vent. Je calcule que les vents devaient faire dans le 80km avec des pointes à 100. Prendre une photo à l’extérieur était une aventure périlleuse, soit pour sortir de l’auto et pour y revenir. Et pour les motos alors. Les vents venaient droit du nord, donc transversaux à la route. Pas surprenant de voir à l’occasion une affiche routière nous indiquant ‘vents violents’. Je l’ai placé dans mes photos préférées tellement elle est significative.Quel décors quand vous arrivez au Colos Escarchados, un espèce de plateau qui culmine à 1000 mètres en pleine steppe et vous offre la vue des Andes et le fameux lac Argentino. Arrivés à El Calafate, le décor est moins saisissant que la ville d’Ushuaïa. Les montagnes sont encore à 50km de la ville. Le lac est le seul attrait pour cette ville touristique qui a un certain charme par sa propreté et je dirais l’architecture des ses bâtiments moins éclatée et disparate qu’Ushuaïa. En fait, elle pourrait s’apparenter a une ville des Laurentides comme St-Sauveur.

Nous dénichons rapidement une chambre à bon prix via le bureau touristique. Daniel y est déjà installé et on devait se rejoindre pour le souper. Entre temps, nous faisons le tour de la ville et évidement à la recherche de certains oiseaux rares. Il vente encore beaucoup, assez pour rendre inconfortable toute promenade le long du lac Argentino où des oiseaux se baignent sans le moindre souci du même vent. Après la visite de quelques sites, nous abandonnons. On réussit à repérer Daniel et nous prenons l’apéro à notre chambre. Nous décidons que demain sera la marche sur le grand glacier Moreno. Nous achetons les billets et Diane décide de prendre sa journée à Calafate plutôt que nous accompagner.

Puis, le souper. On déniche une parilla et ce soir, ce sera encore du mouton. Personnellement, je veux en profiter au max, tant qu’à être en Argentine. Le resto en question est tenu par un chinois et offre un buffet complet avec parilla à 40 pesos. Un souper encore très agréable où nous avons croisé un couple de québécois de la Montérégie.

De retour à la chambre, ce fut douche et dodo…demain…le glacier.

 

MERCREDI LE 11 FÉVRIERJe me lève très tôt…7h30…Le ciel est gris…Je suis inquiet pour la visibilité pour visiter le fameux glacier. Bon, on ne contrôle pas la météo…faut y aller.

Je prends Daniel et nous filons doucement vers le glacier. La route est très belle (photo) et Diane a décidé d’aller aux oiseaux plutôt que de suivre les gars. Le glacier, du moins le parc du glacier, est à 71km de Calafate et comme prévu, plus nous nous rapprochons, plus les montagnes sont en vue. Quelle belle route. Tout en douceur et avec de merveilleux décors. Dans le parc, la route serpente et me rappelle, comme je le dis à Daniel, la route de la Corse. D’un côté le lac et de l’autre la forêt ou la montagne. Nous nous rendons jusqu’au bout où la vue du glacier Moreno est saisissante. Ce qui me frappe en premier, c’est la couleur bleutée du glacier et son ampleur. C’est aussi gigantesque que le pays lui-même.

Nous retournons rapidement sur nos pas pour prendre le bateau qui doit nous amener vers le glacier lui-même. Je dois vous expliquer. La route du parc se rend jusqu’au pied du glacier. Des sentiers magnifiquement aménagés permettent de descendre vers le front du glacier et ainsi observer et entendre ses mouvements qui se traduisent toujours par l’affaissement de ses parois dans l’eau du Lac Argentina. On parle ici de morceaux de glace qui pèsent des tonnes et quand ils frappent l’eau, c’est comme des coups de canons. Impressionnant.

Au site du glacier, on offre deux trajets à pied. Le premier de 5 km et le second de1.5km. J’ai personnellement choisi celui de 1.5 km pensant que l’expérience de marcher sur un glacier n’est pas une question de longueur mais d’expérience de la glace tout court.

Nous prenons le bateau qui navigue jusqu’au bord du glacier. Une fois les directives émises par la jeune guide et notre cours de base sur la glaciation terminée, on nous équipe des grippes nécessaires pour marcher sécuritairement sur la glace et nous partons pour marcher «sur le glacier». Une marche de plus d’une heure et demie. Pour les grands marcheurs, c’est molo, même très molo. Le groupe n’est pas homogène et la marche sur le glacier s’apparente plus à une expérience de toucher un glacier que de vraiment s’y aventurer. Bon, de toute façon la pluie s‘en mêle et je crois que notre choix d’une heure et demie est judicieuse. Nous faisons la rencontre d’un couple de québécois (encore !) et nous nous amusons beaucoup. Ce sont deux avocats…imaginez…Mais ils sont fort sympathiques. Un des guides (un homme) se sent investi d’une mission de «policier» et il m’avise dès mes premiers pas que je dois respecter les balises de la marche si non je devrai retourner au chalet. Il n’en faut pas plus pour que les québécois s’amusent de la situation. Donc, tout est sujet pour une bonne blague du genre ; «Avec son pic à glace et son humeur, on devrait le mettre comme gardien dans une polyvalente chez nous. Il abaisserait le taux de décrochage.». Bref…on a du plaisir. On s’amuse du sérieux du guide. On retarde nos balades, on flâne et pire on s’intègre dans un autre groupe de marcheurs quand vient le temps du whisky sur glace.

Vers la fin du parcours sur le glacier, on nous offre sur une petite table de bois improvisée en bar, un whisky sur glace mais pas n’importe quelle glace. De la glace qui est prise dans le glacier avec le pic de notre guide menaçant…enfin il a un côté positif…de la glace qui a trois cent ans…imaginez…On déguste ce whisky, d’autant plus que la pluie a rafraîchit le temps. Daniel avale d’un trait son whisky et en prend un deuxième. Je m’en verse un deuxième, puis on reprend notre retour. Un nouveau groupe de touristes arrive. Daniel est convaincu qu’un autre whisky serait parfait pour se réchauffer pour ne pas attraper la grippe. Je le suis évidemment sous les rires de nos avocats et nous les invitons même à venir déguster un autre drink. On se trompe…on fait signe au guide qui nous surveille depuis le début. Le fou rire nous prend encore plus et l’effet de l’alcool et du froid nous rend complètement dingue. Imaginez…il tombe sur ce glacier 8 mètres de neige annuellement et c’est la pression de cette neige qui fait en sorte qu’en des dizaines et des centaines d’années, la neige se transforme en glace, la glace en glacier et tout doucement, le glacier termine sa course dans le lac Argentino.

Le coût pour la ballade est très élevé pour le défi que cela représente. 350 pesos (sans transport) c’est beaucoup. Si marcher sur un glacier n’est pas pour vous une expérience recherchée, se rendre au pied du glacier, entendre les glaces se détacher du glacier avec fracas est aussi palpitant. Il ne vous en coûtera que 50 pesos (18$) au lieu de 125$. Pour des nordiques comme les québécois, je crois sincèrement que visiter le parc sans marcher sur le glacier est un bon choix. Vous marcherez sur un lac gelé au Québec…vous aurez la même sensation…

De retour de cette banale balade, il pleut averse encore plus. On prend le dîner entre québécois et nous quittons le glacier à 15h00 en bateau. Évidement nous retournons vers le site qui permet d’observer le glacier de plus près. Quel aménagement. Je parlerais de millions de pesos pour l’aménagement de ce sentier en métal suspendu qui vous offre de partout des points de vues imprenable sur le glacier mais surtout un sentier qui vous permets de voir facilement les parois qui s’affaissent dans le lac.

Nous déconnons et surtout nous devenons des délinquants dénonciables car nous décidons de faire le retour par un territoire interdit. Bon fini les enfantillages. Nous revenons au chalet principal et nous dégustons un bon café chaud. Puis, nous reprenons la route pour El Calafate. A peine quelques kilomètres de fait, le beau temps commence à poindre. Je l’avais prévu, je vous le dis. On quitte Martin et sa copine. Un beau petit couple et Martin, un pince sans rire brillant.

Revenus à El Calafate, c’est presque l’été. Il fait beau, presque chaud. Diane m’accueille en me confirmant qu’il n’a pas plue de la journée. Une bonne douche froide, faire sécher mes vêtements et surtout raconter nos pitreries…à Diane…j’en ris encore. Je place mes photos sur mon PC, j’enregistre les quelques 350 photos pour Daniel. Son appareil photo a un grave problème avec la gestion de ses cartes mémoires et il ne peut plus rien prendre. Je lui grave des CD avec les photos que je prends lors d’excursions que nous faisons ensembles.

Ce soir, souper à la nipponne…Ah…nous croisons Martin et sa copine. Ils se sont payé un petit souper dégustation. Et nous, nous avons déniché un petit resto minuscule de 12 places qui offre des sushis. Un petit coin sympa tenu par un couple de japonais qui habitent l’Argentine depuis 10 ans et El Calafate depuis 2 mois seulement. Ils avaient un resto à Buenos Aires mais trouvaient la ville peu sécuritaire. Très sympathiques, l’homme et sa femme, je dirais plutôt la femme et son cuisinier, nous accueillent avec les plus beaux des sourires. On commande un excellent vin blanc, un Lurton, pinot gris…DIVIN. Imaginez, un vin de cette qualité, même dans un resto vous ne le paierez pas plus de 12 à 14$.

Le sushi…excellent…et le repas aussi sympathique que les trois autres avec Daniel. Nous faisons la rencontre d’un couple de belges fort sympathique aussi. La dame du resto, nous fait déguster deux petits plats de son cru…sur le bras du proprio…Nous apprécions au plus haut point et la discussion s’éternisera jusqu’à à la porte de minuit.

Ah ! Les adieux. C’est toujours difficiles, mêmes pénibles. On prend Daniel dans nos bras…on s’embrasse…ce fut vraiment une belle rencontre. J’ai comme le feeling qu’on se reverra souvent au Québec. Salut mon ami et merci pour ces quelques jours passées avec toi. Diane et moi, on t’a adopté….au plaisir de te revoir en Estrie.

Ah…les amis, qu’ils sont importants. Bonne nuit.

JEUDI, LE 12….OUBLIEZ LE MOIS…MES 60 ANS SONT BIEN ARRIVÉSUne journée de plus, un an de plus…60 ans. Merci à tous mes amis qui m’ont envoyé leurs vœux du Québec. Je me réveille, Diane m’accueille avec un ‘ Bonne fête’ et le petit bec d’usage. Je me douche, je me regarde dans le miroir…c’est pas si pire. Je devrai m’habituer…’Quel âge avez-vous ?…60 ans…’. Merde que ça passez vite ces 60 ans. La vie est comme un voyage…On pense à visiter un pays, faire un séjour quelques part, passer un mois là-bas…puis on prend l’avion pour se rendre où nous rêvions d’aller…À peine débarqués, nous reprenons l’avion du retour et le voyage nous a paru trop court, le temps d’un éclair…La vie est ainsi…un court voyage qui se déroule trop vite et surtout qui s’accélère avec l’âge, je crois. Alors profitez du présent…le passé ne reviendra jamais et le futur n’est pas arrivé.

Nous prenons la route vers 9h00. Il pleut des gouttelettes. C’est doux. J’hésite pour le trajet. Nous devons remonter dans le nord. Ah…la chaleur…pauvre Diane. Nous avons consulté quelques personnes pour la route à prendre. Nous voudrions faire la remontée exclusivement par les Andes, par la route 4. Malheureusement, il y a presque 400 kilomètres de route à haut risque. Le Lonely Planet nous dit : ‘Apportez avec vous un bidon d’essence, deux pneus et beaucoup d’eau’. Un ami qui arrive de cette partie de pays me déconseille d’y aller en auto au risque d’y laisser une partie de la carrosserie ou de la mécanique. On est brave, mais pas téméraire. Je dois revenir sur la côte est et faire le trajet vers Comodoro Rivadavia et de là prendre la route 5 jusqu’à la 40 qui est asphaltée. Mais revenir vers l’Est, je peux le faire en revenant sur la route asphaltée que j’ai pris entre Gallegos et Calafate…et remonter vers Comodoro..500km ou prendre la 9 entre Calafate et San Julian au sud de Comodoro.220 km…mais en gravier. Ici une route en gravier veut dire…’A vos risques’. Je prends le risque et Diane est d’accord. Alors on prend la route. A peine ai-je fait 20 kilomètres que je le regrette déjà. Maudit que c’est rude comme route. Une idée…Allez sur la rue St-Paul dans le Vieux Québec et faites du 50km…Impossible.

Je prendrai trois heures pour faire le trajet sur une route qui offre glaise séchée, gros gravier et portions de routes complètement rénovées. Quel paysage tout de même que la Vallée du Rio Santa Cruz. Cette magnifique rivière prend sa source dans le lac Argentino, donc le glacier et se jette 300km plus loin dans l’Atlantique tout aussi bleu qu’à sa source au glacier. Et puis Diane est au oiseau. Durant la journée elle aura vu 7 ou 8 nouvelles espèces. Pas mal pour une journée de gravelle.

On arrive ce soir, après 400 km de route à Puerto San Julian que nous avions visité lors de notre descente dans le sud. Nous achetons fruits, jambon séché, fromage et champagne…On fête ça au souper. J’ai découvert qu’en Argentine il y a trois choses que vous risquez d’avoir de la difficulté à trouver : un, de la petite monnaie (je vous en ai déjà parlé) ; deux, un bon déjeuner, quand vous avez une chambre avec petit dej. compris…et trois, trouver un pare-brise qui n’est pas abîmé.

Déjà vendredi demain. La quatrième semaine qui s’achève. Ma 60ième année qui s’est achevée. Je me sens prévilégié de fêter cette anniversaire si loin de chez moi. Mon fils m’a rejoint au téléphone pour me dire bonne fête…Dans le fond, c’est le plus cadeau qu’un père peut souhaiter…de pouvoir parler à son fils à son anniversaire. Et le plus beau cadeau d’avoir de sa blonde, c’est qu’elle soit encore à vos cotés, si loin de votre pays et après tant d’années à vous .enduré.La vie est belle. Champagne pour tout le monde. Merci. VENDREDI, LE 13 FÉVRIERQuelle journée…c’était une journée de route et nous le savions. Le champagne d’hier soir et le temps passé à écrire mon blog (coucher à 1h00) ne me rend pas moins alerte. Je suis debout à 7h30. Diane dormirait bien encore une heure.

Le petit déjeuner pris (ah ! il y avait du fromage et du jambon), nous sommes sur la route et le vent rend encore la conduite difficile. Hier soir, nous avons eu droit à une panne électrique. Des vents de plus de 100km/h. Ça brassait. Depuis trois jours on a droit à ces vents des Andes qui soufflent très fort. Aujourd’hui les vents sont transversaux. C’est même dangereux quand la voiture croise un camion lourd ou un autobus. Elle se déporte d’un mètre à chaque passage. Pis la bagnole qu’on nous refilée en location n’est pas terrible. Je soupçonne que ce soit une voiture accidentée. Un mécanicien qui a eu à travailler sur la voiture me l’a confirmé. Quand les vents soufflent comme depuis trois jours, on ne s’entend pas dans la voiture. C’est plate en maudit, d’autant plus que dans le vent sa conduite est terrible. J’aurai un petit mot avec mon locateur en arrivant à Buenos Aires. Même si je m’exprime difficilement en espagnol, je trouverai les mots pour lui dire ce que j’en pense.

Bon…parlons de la journée. On a fait presque 600 kilomètres. Entre San Juan et Comodoro Rivadavia…la steppe patagonienne pendant 400km…sans rien…aride…plat….plate même…pis le maudit vent de côté…Un temps très sec. Même dans l’auto, nous en ressentons les effets. La bouteille d’eau, je dirais les grosse bouteilles d’eau sont essentielles ainsi que le baume pour les lèvres. Je bois mes deux litres par jour, même au volent de l’auto. On a toujours la gorge et les lèvres asséchées. Si vous sortez de l’auto pour prendre une ou deux photos, le phénomène d’assèchent corporel s’accentue. On comprend facilement que la steppe soit aussi desséchée et aride. C’est juste le vent.

Faut-il vous dire que cette route, nous l’avons fait il y a quelques semaines. Le charme de l’isolement et du désert n’est plus. C’est dire comment le nouveau et l’insolite ne durent pas longtemps, même en voyage.

Nous filons au-delà de Comodoro où nous nous sommes arrêtés au précédent passage. Nous avons choisi plutôt de continuer notre route vers Sarmiento, petit bourg sur la route de Bariloche et du Chili. Ce petit village compte 8 000 âmes. Dès que nous passons Comodoro et que nous nous engageons sur la 26. La première surprise, comme l’affirmait Lonely Planet, ce sont les incalculables pompes à pétrole que nous pouvons apercevoir sur notre trajet. Des centaines je dirais. On est bien dans la région du pétrole.

Sarmiento est un agréable petit village entouré de verdure. Ce coin de pays a été développé il y a 100 ans et il s’est voué rapidement à l’agriculture. C’est aussi la ville irriguée la plus au sud de l’Argentine. De très belles terres, ce qui fait très bizarre quand pendant des heures tout ce que vous voyez c’est la steppe désertique et les puits de pétrole. Puis, vous arrivez à cet oasis. Mais Sarmiento, ce qui la caractérise à mon avis…c’est une ville qui ne s’est pas modernisée. On a l’impression en visitant les restos, qu’aucun propriétaire n’a fait quoi que ce soit en terme de rénovation à son établissement depuis les années 70. C’est vieux, démodés mais les gens sont sympathiques. Et puis, il y a notre chambre d’hôtel.

Nous arrivons le week-end de la feria et le bureau touristique nous envoie dans un taudis. Propre mais inquiétant, surtout pour Diane qui voit des petites bibittes en arrivant dans la chambre d’hôtel. C’est pas inquiétant, je suis certain qu’elles ne nous boufferont pas…De toute façon…il n’y a pas d’autres places. On en a pour notre argent…

Après un visite du grand lac qui borde la ville au Nord, nous savons que la féria est en ville. Nous bouffons rapidement une pizza et nous nous rendons à la foire argentine. C’est notre premier bain de foule dans une petite ville du genre. Une dizaine de kiosques vendent toute sorte de produits qu’on retrouve dans ce genre de foire. J’achète mon vase et la pipette pour faire le maté. Puis, on s’assoit et on écoute des dizaines d’artistes se produire sur scène. C’est le genre…St-Jean Baptiste de chez nous.

On a beaucoup de plaisir à se mêler à la foule et partager avec elle les talents de l’Argentine. La soirée passe très vite et nous voilà de retour à l’hôtel. Les lumières ne restent pas allumées longtemps…question de ne pas trop décourager Diane.

On reprends la route demain…On se couche.

 

SAMEDI, LE 14 FÉVRIER…BONNE ST-VALENTINLe petit déjeuner n’est pas fourni…d’ailleurs personne ne semble se soucier des clients de l’hôtel…Nous quittons rapidement, je sens que ce n’est pas le déjeuner qui attirent Diane plus loin mais le cachet de l’hôtel qui ne lui plait guère…

Après avoir passé dans une pâtisserie et arrêté prendre notre petit dej. à la station service du coin, nous poursuivons notre route vers le Nord. Nous espérons nous rendre à Esquel…à 250 km de Bariloche…point de passage au Chili. Quelle route…quel pays…

D’abord la route 40 est reconnue pour son niveau de dangerosité, c’est la route 66 du middle-west américain. …pas seulement les difficultés qu’elle représente pour la conduite mais aussi pour la qualité de la route elle-même. A bien des égards, la route me rappelait les routes du Québec. On a été confronté à plusieurs chantiers de construction : maudite gravelle…pas encore.

Ah l’Argentine…que de contrastes dans ce pays. Les 500 kilomètres parcourus m’ont vraiment plus…sauf pour les trous dans l’asphalte… Et oui, même ici. .. J Puis les Andes apparaissent. Elles se découpent lentement et le maudit vent encore. C’est notre quatrième journée de grands vents qui rendent la conduite automobile dangereuse. J’espère seulement, qu’une fois arrivés, dans les Andes, nous aurons un changement de système atmosphérique et que le vent tombe.

Puis nous grimpons lentement dans le contrefort des Andes. Le paysage devient gigantesque, éblouissant, coloré et impressionnant. Diane me répète encore la phrase…l’Argentine…pays de contraste, n’est-ce pas. Puis ce village où nous sommes ce soir, Esquel, apparaît tout au fond d’une vallée bordée de hautes montagnes. Quels magnifiques paysages nous sont offerts en y arrivant. Surprise…le petit train historique, qui fonctionne à vapeur, passe devant nous à notre arrivée. Quelle belle coïncidence. Un train qui prenait dans le temps 10 jours à franchir les 400 kilomètres où l se rendait une fois par semaine. Il a terminé son service commercial dans les années 90 et maintenant, sa nouvelle mission est strictement touristique. Sauf la locomotive, tout est de bois. Chaque wagon, il y en a six je crois, possède son poêle à bois pour le chauffage par temps plus rigoureux. Une très belle attraction.

Le kiosque touristique est toujours l’endroit idéal pour connaître les possibilités d’héhergement en ville et ça marche. On nous réfère à l’hôtel Sur Sur (Sud-Sud). On s’y rend rapidement. C’est tout neuf et les propriétaires sont des plus gentils en nous y accueillant. On vient d’ouvrir depuis à peine deux semaines. C’est super bien…belle construction…ça change de notre chambre d’hier soir…

En attendant le souper, nous nous dirigeons vers un lac en montagne afin d’observer quelques nouvelles espèces d’oiseaux. Encore là, le décors est aussi merveilleux. Une pinède des plus surprenante dans ce décor montagneux et surtout après avoir passé trois jours à conduire dans la steppe désertique. On ne se croirait pas dans le même pays qu’hier soir. Quelques beaux oiseaux feront les délices de Diane.

Ça fait donc quelques longues journées que nous poursuivons notre remontée vers le nord. Il nous en reste beaucoup à faire, mais heureusement, le temps se réchauffe et nous sommes revenus en été. Personnellement, j’en suis ravi mais je sais que pour Diane, le temps du sud lui plaisait plus. Les chaleurs ne font que commencées…

Voilà pour la quatrième semaine…déjà du passé…

A la semaine prochaine.

 

Un commentaire pour “4ième semaine texte”


  1. Marta Concha écrit:

    Bon soir a toutes les deux, courageux voyageurs qui sont arrivés a l’autre extreme du votre monde. Une merveilleuse narration, tres reel et amusante qui nà pas perdu des details comme l’etat des chemins, price de logements et les petites plaisirs de la nourriture.

    Je bien aimee les souvenirs de votre enfance. De la que Je pense vient le desir d´y aller au dela, plus loin, plus loin.

    Une tres beau narration de la qui je ferais partie a mes enfants.

    Un tres beau souvenir pour des soixante annes plein d´aventures et d
    amour a la vie. Marta Concha


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