Notre hiver 2009 en Argentine
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9ième et dernière semaine texte

DIMANCHE LE 15 MARS 

On s’est encore fait avoir avec l’heure. Ça commence bien. 

Le temps de nous habituer à un nouveau lit, nos premières nuits à un nouvel endroit ne sont pas toujours des plus reposantes. Je ne les compte plus les matelas sur lesquels nous avons dormi. Des durs, des mous, des peu invitants, d’excellents… de tout quoi.  Ici, c’est bien, mais c’est quand même une question d’adaptation. Donc, vers 7h30, je suis bien éveillé et je me rappelle le conseil d’Elizabeth… « N’allez pas trop tard à la Plaza Dorrego… y a beaucoup de monde ». Donc, j’avais comme projet d’y aller avec Diane vers 10h00. On peut ainsi flâner à notre guise avant de prendre un véritable bain de foule. Faut savoir que la fiera de San Telmo a lieu tous les dimanches dans le barrio (quartier) San Telmo et elle attire énormément de visiteurs tant des touristes que des locaux. On prend un bon petit déjeuner et je fais pour la première fois en 2 mois le café. J’ai eu le poignet un peu fort… autant que le café. Bon, on ajoute un peu plus de lait. Au moins ÇA GOÙTE le café… enfin ! 

Nous sommes prêts. Le temps est frais, je dirais 15oC.  Ça prend une petite laine comme disent les Français. Nous y allons en métro et ya personne ni dans la rue, ni dans le métro. Nous arrivons à Plaza de Mayo et c’est désert. Je prends des photos de beaux bâtiments dont celui du gouvernement, aussi appelé la Casa Rosada. On assiste au changement de la garde… du style ces militaires en habits du 19e siècle. Puis nous nous dirigeons vers les rues où se tient la foire. On arrive en même temps que les artisans. Ils sont à monter leurs kiosques. On commence la visite et nous faisons vite le tour tellement il y a peu de kiosques ouverts. Nous prenons une autre petite rue et là, il y a un peu plus de fréquentations. Ça se densifie. Vers 11h00, on commence à croire qu’on va pouvoir enfin trouver nos souvenirs. 

San Telmo est plein de charme et de caractère. Un grand nombre de bâtiments gouvernementaux y sont installés dont le siège parlement fédéral. Historiquement, San Telmo était le quartier chic de Buenos Aires. Je parle ici des 18 et 19e siècles. Cette partie de la ville a connu de violents combats dans les années 1800 quand l’Angleterre en guerre contre l’Espagne voulait s’emparer de l’Argentine. Une grande épidémie de fièvre jaune au début de 1900 a fait fuir les riches vers Recoleta et le quartier a perdu de son lustre en attirant les pauvres de la ville. Aujourd’hui, artistes et artisans habitent en grand nombre ce quartier. Ils viennent de partout, de l’intérieur comme de l’extérieur du pays.   

C’est incroyable cette place ! D’abord, elle s’étend sur 5 ou 6 quadras (pâté de maisons). Je dirais, pour vous faire une image que c’est la combinaison de Montparnasse (FR), du Marché aux puces de St-Eustache (QC) et de tous les antiquaires de l’autoroute 20 (QC) près de Manseau. Des artisans de tout genre exposent leurs créations et d’autres proposent des babioles. Une foule de brocanteurs offrent leurs antiquités de toutes les époques et de tous les genres. Il y a aussi tous ces amuseurs publics, mimes, danseurs et musiciens qui enrichissent l’atmosphère. Nous réussissons à trouver quelques trucs que nous cherchions depuis quelques semaines puis nous nous mettons à la recherche d’un coin sympa (à l’ombre) pour dîner tout en admirant l’architecture des bâtiments. On se croirait vraiment en France ou dans un autre pays européen tellement la ressemblance est frappante. Nous entendons parler dans toutes les langues et nous croisons quelques couples de québécois avec lesquels nous échangeons brièvement. 

Tout en déambulant, nous entendons jouer un guitariste qui attire notre attention tellement il joue à la perfection. La pièce musicale qui nous amène vers celui qui gratte sa guitare est le Concerto de Aranjuez, pièce pour laquelle j’ai toujours eu un faible. Nous sommes en admiration devant le virtuose et nous restons là, plantés au milieu de la foule à l’écouter religieusement. Je ne peux m’empêcher d’acheter le CD du Trio Gotico dont il fait partie. 

Nous avalons un excellent hamburger avec une bonne bière froide et poursuivons notre magasinage en revenant lentement vers la bouche de métro par laquelle nous sommes arrivés. Y a du monde… on est au coude à coude partout. 

En arrivant près de la Plaza de Mayo, il y a foule à la Cathédrale métropolitaine de Buenos Aires est ouverte au public (après tout, nous sommes dimanche). La curiosité m’attire et Diane me suit. La cathédrale est pleine à craquer. En entrant on remet aux gens une espèce fanion avec la photo de la Vierge. On entreprend discrètement la visite des lieux. Soudain, les fidèles entonnent la chanson du mois de Marie. Puis apparaît à l’arrière une procession qui amène vers l’autel la statut de Marie sous une espèce de boîte de verre. Et là, ça se met à chanter en coeur… faque…on a chanté avec la foule. Dans un coin, je suis surpris de voir deux soldats en grand uniforme en faction devant le mausolée du Libertador José de San Martín, le héros de la révolution argentine et chilienne. Une idole pour ce peuple. 

On reprend le métro, pas facile ce métro. Les lignes sont drôlement constituées. Il y a peu d’interconnections entre elles, si on le compare à celui de Paris par exemple. Il est construit comme en fourchette. Il y a 6 lignes principales et toutes aboutissent à la Plaza de Mayo. Pour vous rendre d’un point à un autre desservi par une autre ligne de métro, vous devrez revenir assurément à la Plaza de Mayo pour reprendre la ligne qui vous ramènera à votre point de départ. Bizarre. 

Bon, 10h00 à 17h00… c’est assez de marche à pied. Pour une première journée…, il ne faut pas se brûler tout de même et je dois préparer le souper. Je trouve enfin du saumon fumé très cher comme le poisson en général, voilà sans doute pourquoi les argentins mangent peu de poisson et sont des carnivores invétérés. Vous me direz que 7 $ pour 120gr de saumon fumé ce n’est pas si cher, c’est presque le prix du Québec. Pour un argentin dont le salaire moyen se situe entre 12 et 15 000 $ par année c’est beaucoup quand la viande coûte à peine quelques dollars le kilo.  Donc ce soir, saumon fumé aux câpres, sur un lit de laitue et d’oignon doux. Le tout arrosé d’un bon Lurton blanc. Eh oui, nous avons pris un abonnement à cet excellent vin blanc. 

Je termine ici ma première journée et vous dis à demain pour vous présenter un autre quartier de Buenos Aires. Ah oui, à propos de l’heure. Je vous ai déjà dis que les changements d’heures en Argentine étaient aléatoires. Et bien Buenos Aires changeait d’heure hier soir. Voilà pourquoi nous étions très très tôt à la fiera de San Telmo. Un peu plus et on nous prenait pour des exposants à la recherche d’un espace plutôt que des touristes à la recherche de souvenirs à ramener au Québec. 

À demain. 

LUNDI, LE 16 MARS 

Bon, nous avons changé l’heure hier, nous ne devrions pas être ni en avance ni en retard sur les gens de Buenos Aires. Ce matin, nous planifions de visiter la Reserva Écologica Costarena Sur de Buenos Aires. Petit déjeuner copieux… café ‘home made’, yogourt et pâtisseries du coin. 

Le temps est frais. J’ai encore mis un chandail à manches longues. Il fait 15 ou 16oC. C’est ensoleillé avec des passages nuageux.  Nous nous dirigeons vers la bouche de métro. Maudit qu’il fait chaud. Toute la chaleur de l’été semble encore bien entreposée dans les corridors du métro. 

WOW… ce n’est pas dimanche et ça paraît. Nous sommes tassés comme des sardines dans le wagon. Ça ma rappelle les « wawas » de la République Dominicaine. On sent les parfums de tout le monde et quand il en sort 10, il en entre 15. C’est la démonstration que seulement 50 % des argentins ont une automobile… Nous nous rendons à Plaza de Mayo, d’où nous atteignons en 20 minutes à pieds le port de la ville et derrière lequel il y a la Reserva Costarena Sur. On n’a pas de veine… le lundi, les parcs en Argentine sont fermés. Il nous faut donc avoir un plan ‘B ’. 

En revenant, Diane est interpellée par un couple qui demande si nous parlons français. Elle leur répond simplement bonjour. Puis, rrassuré l’homme vient me saluer avec sa femme et sa fille. Ils sont en Amérique du Sud depuis un mois et on commence à se raconter nos histoires de voyage. On jase, on jase… des gens très, très sympathiques. On oublie, comme d’habitude, de prendre leurs noms, mais on leur donne l’adresse de notre blog.  Alors, les gens de Valleyfield que nous avons croisés à Buenos Aires lundi matin le 16 mars… S.V.P.…, envoyez-nous vos coordonnées… on continuera à vous envoyer de nos nouvelles. On se souhaite bon voyage et nous commençons l’exécution du plan ‘B’… soit la visite de Plaza Francia et le cimetière de Recoleta, reconnu mondialement. Le Cementerio de la Recoleta est à l’Argentine, ce que le Cimetière du Père-Lachaise est a la France. 

Un petit détour par l’appart, question pour Diane d’enlever ses vêtements d’ornithologue et se débarrasser de ses jumelles puis nous repartons en taxi, S.V.P. Ici, c’est juste 3 fois plus cher que le métro et comme le métro coûte presque rien, alors le taxi, ce n’est pas cher. 

Le fameux cimetière… là je vais faire le guide touristique. Ce cimetière date de 1822. Presque deux cents ans. On y fait actuellement des travaux de restauration importants, car d’une part, c’est un monument historique le plus remarquable de l’Argentine et d’autre part, il a été l’objet de vandalisme et de laisser-aller sur le plan de l’entretien. Il accueille les dépouilles de nombreux présidents de la République, grands militaires, religieux, les grands artistes, poètes et penseurs de la nation. Il suffit de passer devant la tombe d’Eva Perón pour comprendre comment les argentins la vénèrent. On y déposer des fleurs fraîches tous les jours.  Le cimetière compte 4 800 tombeaux et mausolées et il fait presque 6 000 mètres carré et quand on parle de près de 5000 tombeaux, ça vous donne une idée de son ampleur. Certains sont vraiment très grands, je vous dirais qu’ils ont presque la taille d’une maison. Pour nous qui n’avons que peu d’exemples de ce type au Québec, la curiosité l’emporte sur l’aspect historique. Cette nécropole est aujourd’hui considérée comme l’une des plus imposantes expressions de l’architecture funéraire dans le monde. Visiter Buenos Aires et ne pas passer quelques heures à déambuler dans ce cimetière, dernier lieu de repos de tous ces héros argentins, est une importante omission. C’est vraiment un lieu prisé pour les visiteurs qui viennent de partout dans le monde. 

Puis en sortant du cimetière, vous avez tout autour plein de choses à voir, mais ça prend de bonnes jambes. Nous avons d’abord dîné… il était quand même 16h00. Pour Diane, il était temps. On se commande un Club sandwich. Vous auriez dû voir ce club. Comme 6 pouces (18cm) d’épais, mais avec du vrai bon bacon. 

On passe ensuite à la visite d’une très belle place, avec un paquet de boutiques modernes….Vraiment, les deux visages de l’Argentine. Buenos Aires, c’est une autre planète par rapport au reste du pays… pour tout, sauf la langue. Les argentins ont du goût et du talent dans la confection de chaussure. Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, des fois j’ai peur de radoter, mais pour ce qui est des chaussures… ils sont imbattables, et dans les prix, et dans la qualité et dans la beauté du produit. Je vais sans doute m’en ramener une paire ou deux. Mais, autant ici qu’en province….Ici, ça magasine. Ce qu’on voit dans la rue, dans la cohue, ce sont des gens. La plupart du temps, excusez-moi mesdames, mais il y a surtout des femmes avec des sacs de magasinage. Est-ce la conséquence de ne pas être propriétaire du véhicule, on marche à pied et on fabrique des chaussures… Faudrait faire une recherche là-dessus. 

Après ce magasinage à la mode argentine, nous revenons, en taxi évidemment, question de gâter un peu Diane. Je suis encore ce soir le cuisinier officiel… au menu : spag au saucisson argentin. On achète une bonne bouteille de San Julia Malbec 2006… et on cuisine. 

Le repas est ma foi assez réussi… évidemment, ça fait toujours un peu bizarre de servir comme sauce un mélange d’ingrédients trouvés ici et là avec des épices plus ou moins fraîches. Ce n’est jamais à la hauteur de la sauce de Diane, mais ça fait argentin. 

Bon, je termine. J’en ai assez dit. Diane va encore me reprocher que j’entre dans trop dans les détails. Mais que voulez-vous, c’est mon plaisir d’écrire à ma façon le récit de nos voyages. Comme c’est la dernière semaine, bien je m’en donne à cœur joie. 

Bonne nuit et à demain… pour d’autres élucubrations peu sérieuses et ironiques quelques fois, je l’avoue, de ma part. 

MARDI, LE 17 MARS 

10 kilomètres a pied plus tard… ou plus loin, nous voilà à la maison. Nous sortons de table, il est 22h00. Je prends quelques minutes pour vous relater la journée, car tout comme Diane, je suis vanné. 

La journée commence bien… le soleil et la chaleur sont de retour. Hier, je vous avais dit que ça prenait une petite laine en fin de journée, car c’était frais. Mais, aujourd’hui, c’est le retour de l’été avec un beau 27oC et pour les 5 prochains jours… la météo de Buenos Aires nous annonce du 30oC. 

On remet ça pour la Reserva Ecologica Costanera Sur situé à l’extrême ouest de la ville sur l’Atlantique. Le parcours est très intéressant, mais la sécheresse, qui a frappé l’Argentine et surtout Buenos Aires, depuis des mois a fait son œuvre. Les deux grands étangs du parc sont à sec et les oiseaux se font plutôt rares. Donc… déception pour l’observatrice d’oiseaux et pour le photographe. La balade aura donc été plus épuisante sous le soleil argentin qu’intéressante sur la découverte d’oiseaux… mais de vrais explorateurs du monde ne se laissent jamais abattre par l’adversité… il faut toujours un plan B même perdu dans le désert ou en pleine brousse… Notre plan B… calle Florida… pour le shopping… Taxi, please. Nous voilà pour quelques dollars rendus à Plaza del Correo

Ah ! Une manifestation… tiens allons voir qu’est-ce que les argentins revendiquent. Sur notre trajet de retour nous croisons sur le boulevard Alicia Moreau une foule de manifestants qui manifestent contre le gouvernement et ses politiques d’aide aux grandes entreprises à cause de la crise économique mondiale. Ils sont quelques milliers à déambuler civilement. Photos, photos et nous traversons le cordon de la foule sans difficulté. 

Nous remontons la Plaza del Correo jusqu’à la fameuse rue Florida où sur quelques kilomètres des boutiques s’alignent afin de vous offrir les produits de consommation en tout genre. C’est une allée pionnière très fréquentée et à l’occasion vous avez des cours intérieurs qui donnent sur la rue. Il y en a une qui nous intéresse en particulier, c’est la Plaza Pacifico. Elle est superbe. C’est une place qui date du début du siècle et son intérieur est spectaculaire sur le plan architectural. Imaginez une entrée de centre d’achat qui fait trois étages d’un édifice à l’architecture coloniale. C’est immense comme une cathédrale. Éblouissante, voilà le mot juste. Vous n’y allez pas pour magasiner, mais pour admirer les fresques. Unique comme place. Et dans la rue que dire de tous ces musiciens et amuseurs publics ? On arrête devant un joueur de flûte des Andes. On ne peut pas résister, pas plus que devant le fameux joueur de guitare, nous achetons son CD… Diane me dit que cette musique sera parfaite quand nous nous prélasserons dans notre spa l’été prochain. 

À part ça, je dirais que l’Argentine compte un magasin par habitant, minimum… J’ai vu très peu de très grandes surfaces comme en Amérique du Nord. Le style est vraiment européen. Des petites boutiques spécialisées a l’extrême, tel : vente de sandales uniquement, linge pour bébé (je comprends avec le nombre de bébés ici et de femmes enceintes, ce sont des commerces qui n’auront jamais de difficulté), sous-vêtements pour femmes (je dirais une boutique sur cinq), souliers pour hommes, souliers pour femmes, etc. Des boutiques qui font à peine 5m par 5m. En plus de tous ces petits étals sur les trottoirs comme les vendeurs de fleurs, de journaux et de babioles de tout genre. Prenez par exemple la rue Santa Fe. Elle doit faire au moins 5 à 6 km. Et bien, c’est un chapelet de boutiques de sacs à main, souliers, sous-vêtements féminins et restos. Le soir, vers 17h00, le lundi comme le jeudi soir, la rue est pleine de clients. Je suis impressionné par toute cette activité commerciale, soir après soir. 

Bon… déjà 17h00… il est temps de retourner à l’appart. Les jambes ont besoin d’un peu de repos. En nous rendant à la bouche de métro Plaza San Martin, que voyons-nous ? Une exposition d’ours. Eh oui, on a installé sur la place en un grand cercle, 132 ours en fibre de verre qui arborent les couleurs des 132 pays qu’ils représentent. Les sympathiques bêtes tendent leurs bras vers le ciel pour transmettre leur message de paix. Le message de l’exposition est « la tolérance, le rapprochement entre les peuples et l’encouragement de la coexistence pacifique  ». Cette exposition internationale vise aussi à amasser des fonds pour l’UNICEF. Nous étions consternés de constater que le Canada n’était pas représenté. Déception d’autant plus grande que l’animal comme tel est très identifié à notre pays puisque c’est un ours polaire. C’était vraiment original (voir photo).  

Nous sortons à peine du métro que nos amis (Luxe et Nicolas) qui nous ont négocié l’appart interpellent Diane. On se fait la bise, on est bien heureux de les revoir ces deux jeunes. Ils venaient prendre de nos nouvelles. D’habitude, ce sont les parents se préoccupent de leurs parents… mais ici, ce sont eux qui se préoccupent de nous. Une bonne note pour leur faire de la publicité au Québec. On jase à l’appart… comment va notre séjour ? Est-ce que tout va bien ? On règle le petit problème du chauffe-eau… on nous donne quelques bonnes adresses de sorties sur Buenos Aires… Vraiment, ce sont deux jeunes très sympathiques et ils se préoccupent du bien-être de leur clientèle… ça vaut un 5 étoiles. Plus encore… ils nous prêtent un cellulaire pour le cas où nous aurions à les contacter ou en cas d’urgence puisqu’il n’y a pas de téléphone à l’appartement… On se quitte… allez, la bise… Nous sommes choyés. Merci…. 

Le souper maintenant… Hier soir, vous ai-je dit que j’avais acheté de l’agneau frais et que je le faisais mariné dans un mélange d’épices très argentines ? Ces mêmes épices sont utilisées pour apprêter la viande dans les parillas ?  Et bien, j’ai préparé hier soir ma marinade et mon agneau y macère depuis. J’ai acheté un excellent vin rouge, le Familia Gascon Reserva, quelques bons légumes. J’ai fait cuire l’agneau dans le four.  J’ai des doutes, je ne le vous cache pas. ET BIEN… c’est réussi selon Diane et pas si pire selon le cuisinier et puis le vin est excellent aussi. Bon… demain, j’achète 10 de ces sachets d’épices pour ramener au Québec un peu de l’Argentine. 

On a des nouvelles de nos amis Mado et Ivanhoé Frigon qui arrivent d’un voyage de 10 000 km à travers les USA. Leur premier grand voyage en couple depuis des lustres. On a bien hâte d’en savoir plus sur leur expérience. 

Nous finissons cette soirée avec nos amis sur Skype. Ah ! C’est le printemps au Québec. Ça nous encourage à revenir (sourire)… On a bien hâte de tous les revoir. On devrait se payer une bonne petite bouffe avec mes fameuses épices argentines. 

Voilà pour ce soir, moi qui croyais n’avoir que quelques lignes à écrire… les volets de l’appart sont ouverts, le vent est doux, la nuit devrait être agréable pour dormir. 

Bonne nuit.

MERCREDI, LE 18 MARS… LES HEURES SONT COMPTÉES… 

On se lève avec peu d’entrain. Les longues journées à marcher commencent à faire leurs effets. Nos projets de visites sont moins ambitieux, c’est-à-dire, visiter ce qui est à proximité des bouches de métro. Plus les journées avancent cette semaine plus la température augmente. On annonce près de 30 en ce mercredi 18. Nous allons donc nous diriger vers le zoo, en espérant y découvrir des espèces animalières intéressantes. 

Le Zoo de BA, comme le jardin botanique et le jardin japonais sont regroupés dans le même arrondissement, soit Palermo. Comme son nom l’indique, c’est un quartier qui a été à l’origine de l’implantation d’une très grande migration d’Italiens en l’Argentine. En débarquant du métro d’ailleurs, une statue impressionnant sur Plaza Italia en fait foi. 

Le Zoo est très grand et comprend plusieurs sites, dont un aquarium (je suis tanné des pingouins…), une volière et une forêt tropicale. Ce zoo date de 1874… pas jeune. En entrant, les premières installations où tous les animaux étaient en cage ont été très bien préservées afin de montrer aux visiteurs l’évolution dans la gestion des animaux en captivité. Ma surprise s’arrête là. Pour le reste, le zoo de BA a mal vieilli et ses équipements ressemblent aux autres zoos à travers le monde. On y constate un entretien un peu déficient et une présentation des animaux qui date des années 60. On se promène donc devant des aires de captivité plus grandes qui essaient de reproduire gauchement l’habitat en milieu naturel des bêtes. Nous faisons donc le parcours au complet et la qualité du site ne nous invite pas à faire les jardins japonais et botanique. C’est vrai que pour nous du Québec des régions, où la faune est si omniprésente, la captivité des animaux ne fait pas parti de nos coutumes. On a plus de chance de voir un cerf ou un orignal écrasé sur le bord de la route que dans un zoo. Donc, cette déception est sans doute normale alors qu’un citadin de BA ou un touriste européen, y verra là une attraction de grand intérêt. 

Nous dînons sur place dans un fast-food et nous poursuivons notre après-midi en visitant un autre arrondissement, soit Belgrano. Nous nous y rendons en métro… à 0,35 $ le billet, BA a compris la notion du transport en commun… quand Montréal comprendra ça ??? Le billet de métro est rendu à quel prix au juste ? 

Belgrano est un joli petit quartier aux édifices plus bas que le secteur où nous demeurons… Nous n’avons pas l’impression d’être dans une grande ville et le trafic d’ailleurs est plus calme. Mais… il y a autant de boutiques que dans notre secteur, lequel, il faut le dire, a, selon Lonely Planet, le premier rang pour son nombre de magasins. On y reste quelques heures le temps de faire le joli parc central de Belgrano, visiter sa très jolie cathédrale et fouiner dans les boutiques de quelques quadras. Diane est brûlée et ça se voit dans son non verbal. On entre donc à l’appart se rafraîchir et se reposer un peu. 

BA n’est pas évident à visiter en métro. Disons que la ville n’a pas embauché les meilleurs ingénieurs concepteurs (lire ingénieux) du monde pour en dessiner le parcours.  Il a été ouvert en 1913, ce qui en fait le plus ancien d’Amérique du Sud et de l’hémisphère Sud. Après une croissance rapide au début du siècle, l’expansion du réseau a végété pendant 60 ans. Maintenant, elle a repris, depuis les toutes dernières années du XXe siècle, et les projets s’accumulent, mais ne sont vite réalisés. Un peu comme celui de Paris, vous avez de vieux wagons qui datent des années 40 ou 50, puis certains des années 70 et très peu acquis récemment. Entre autres, la ligne A est actuellement un lieu touristique, car elle conserve encore, pratiquement sans modifications, les trains La Brugeoise de ce temps-là, aujourd’hui âgés de près d’un siècle. Précisons que le métro de BA a été privatisé en 1994. Il en coûte 1,10 peso (0,35 $) pour un billet. En comparaison, le taxi coûte au départ de sa course 3,40 pesos (approx. 1,00 $) et 0,50 $ par kilomètre parcouru. Il s’interconnecte bien avec les gares, mais ouvre la ville comme le principe de la fourchette plutôt qu’une toile d’araignée. Les projets d’expansion sont sensés améliorer la couverture des quartiers. 

Vers 18h00, petite épicerie pour le souper. Ce soir, j’ai le goût de faire un repas au poisson frais. Nous marchons donc jusqu’au supermarché Carrefour de notre arrondissement et nous trouvons du merlu frais.  On revient et on réserve notre place pour aller visiter demain le delta du Tigre et la Rio de la Plata. C’est un must si vous voulez voir la ville de la mer et surtout voir certains oiseaux aquatiques qu’on dit abondants. Et, on n’a pas à marcher. Là je fais plaisir à Diane. On se reprendra vendredi pour la marche à pied. 

Ah, le souper…selon la critique de ma cliente… ma seule, j’ai pas droit à l’erreur… Excellent et le vin choisi, un Lurton Sauvignon blanc 2005, un autre, eh oui, tout à fait divin. Et le poisson, pas si pire… avec quelques bons légumes verts, ce fut un souper très réussi. 

Bon… aïe… déjà 11h00. Ah ! Ces argentins, avec leur idée de souper à 9 ou 10h00… 

À demain… 

JEUDI, LE 19 MARS… ÇA TIRE À SA FIN 

Quelle journée… un vol dans le métro et une grande balade en bateau dans le Delta de Buenos Aires, appelé El Tigre. 

Commençons évidemment par le vol… j’en suis encore très frustré après moi et les argentins qui m’ont ‘pickpocketté’. Nous faisons presque la grâce matinée, nous nous levons à 9h00. Nous nous sommes débarré des maringouins qui nous ‘buggaient’ la nuit. Il n’y a aucune moustiquaire et nous dormons les fenêtres ouvertes pour notre confort. Diane a trouvé des « espirales» chasse moustiques, la version argentine de nos pics. C’est efficace, mais ça ne sent pas bon. Aucune nouvelle piqûre la nuit dernière. Super 

Petit dej et nous descendons rapidement dans le métro. Ici, on nous dit que les heures de pointe c’est de 7h00à 9h00 et entre 17h00 et 19h00… c’est faux, c’est l’heure de pointe toute la journée dans le métro sauf le samedi et le dimanche matin à 8h00… Je fais l’erreur en partant de ne pas mettre ma ceinture porte-monnaie laquelle permet de tout camoufler sous ses vêtements… Comme il fait très chaud, cette ceinture devient rapidement insupportable. Mais bon. 

Diane entre dans le wagon… je suis à un pied d’elle. Mon sac à dos est bien fermé, puis un homme me barre le passage juste dans l’entrée wagon. Je sens qu’un autre me pousse dans le dos. Une femme est à droite et un autre homme à gauche. Je me sens pris comme dans une souricière. Ils mes pressent contre eux et je pense à mon sac à dos… mais ce n’est pas ce qu’ils fouillaient. Je me tasse rapidement vers Diane puis un des hommes lance une phrase en espagnol et les 4 voleurs sortent rapidement du wagon. Les gens qui ont eu connaissance du manège me regardent avec un regard qui semble dire :’Tiens un autre touriste qui s’est fait avoir’. Je dis à Diane : ‘Maudit, ils tiraient sur mon sac à dos’. Elle me dit : ‘Je n’ai rien vu’. Et là je pense à mes poches. Je porte des pantalons avec des grandes poches dont les rabats ne tiennent que par du velcro. Je tâte ma poche discrètement à droite, mes cartes sont là. Je fouille l’intérieur de ma poche à gauche… vide. Je dis à Diane : ‘Je me suis fait voler 300 pesos (100 $)’. Ah ben maudit. J’essayais de me rappeler et là je me souviens d’avoir sorti ma passe pour le métro de cette poche et d’avoir séparé discrètement mon argent de mes cartes de crédit. Et bien, quelqu’un me surveillait attentivement. J’ai ressorti mon ceinturon porte-monnaie… canicule ou non. 

Bon, ce n’est pas la fin du monde un vol de 100 $, mais ça laisse un goût amer quelques jours avant de quitter l’Argentine. Pas une seconde, en 8 semaines et après 16 500 km, nous n’avons été en situation du genre. C’est vrai que l’Argentine, c’est deux pays : Buenos Aires et le reste du pays. Comme me le disait Michel Laroche et d’autres personnes qui ont visité ce pays… Buenos Aires, c’est le paradis des pickpockets. Prudence, prudence et prudence. Je vous le dis, depuis cet évènement, dans le métro, dès que je vois deux ou trois personnes ensemble, je vois des voleurs en eux. Ce qu’on appelle le choc post-traumatique… (sourire). Puis, je ‘tcheck’ si le gars en question ne serait pas dans le coin pour lui demander un reçu… 

Nous nous sommes offert une balade en bateau dans le delta que les argentins appellent leur Venise, El Tigre. Cette ville est située à 40km à l’ouest de Buenos Aires dans le delta formé par le Rio de la Plata. Ce delta fait 21 000k2 et s’agrandit de quelques centimètres par année. Le Delta débute à la ville de Diamente dans la province d’Entre Rios et se termine dans le Rio de la Plata. Plus de 5000 canaux, dont la branche principale est la rivière Parana, composent cette Venise argentine. El Tigre compte 3 000 résidents permanents alors que les nombreuses maisons de vacances sur pilotis sont habitées surtout l’été. À cause de la quantité astronomique de sédiments qui part de l’Uruguay et se rendent jusqu’à proximité de Buenos Aires, l’eau est de couleur rouille et tout même on y a aménagé des plages artificielles. Je ne crois pas que je m’y baignerais… On croit que dans des centaines d’années, le delta sera rendu en face de Buenos Aires. Je dois ajouter que le Rio de la Plata possède le plus grand estuaire du monde… 224km de large. Chose bizarre, si vous vous y baignez, sachez qu’il est si peu profond que vous pourrez vous éloigner jusqu’à 9 km de la rive et n’avoir qu’un mètre d’eau de profond. Voilà pourquoi la voie maritime au centre de la rivière est entretenue quotidiennement par le gouvernement par le dragage. 

Une belle balade, mais pas la place pour voir des oiseaux. D’abord, parce le type de bateau ne s’y  prêtait pas et deux, il y a toujours une trappe à touristes dans ces excursions. Je ne dis pas que ça n’était pas intéressant. Je dis, qu’il aurait mieux valu nous rendre à El Tigre par nous même en train et prendre les services d’un passeur qui avait une plus petite embarcation et qui aurait pu nous les faire découvrir plus intimement. Moi, quand on nous laisse 45 minutes libres dans des boutiques de souvenirs avant même que la balade débute… j’appelle ça une trappe à touristes. Vous êtes avisés. 

Mais une chose que je n’avais jamais vu de ma vie, une maison musée sous verre (photo). Il s’agit de la maison de vacances que Domingo F. Sarmiento (homme d’Etat et écrivain qui fut président de 1868 à 1874) se fit construire en 1855, transformée en musée en 1997. Un toit de verre a été posé afin de préserver le bâtiment de bois à l’intérieur duquel se trouvent encore les meubles et objets personnels de Sarmiento. Quand tu arrives là-dessus… ça surprend croyez moi. Autre chose bizarre, comme adresse postale, les habitants choisissent un prénom ou un nom pour leur demeure et ça devient les adresses… comme Pierre, El Tigre ou Diane, El Tigre. Le nom de ma résidence, devient l’adresse postale. 

Je vous laisse… souper oblige. On se paie encore un Lurton ce soir. Vous me direz, ils ne sont pas originaux nos choix de vins blancs… si vous le goûtiez. 

À plus… 

VENDREDI LE 20 MARS 

Belle journée qui s’annonce… une autre de 30oC… et notre projet d’aujourd’hui est la visite du quartier de La Boca… réputé dangereux le soir, mais accueillant pour les touristes le jour. 

Petit dej avec les pâtisseries de notre pâtissier du coin… bon café home made et nous voilà dans le métro. Où sont mes voleurs… aucun à l’horizon… sans doute, ils sont dans une autre station à arnaquer les touristes.   

Quelques mots sur La Boca. Au milieu des années 1800, s’installèrent dans ce quartier les arrivants immigrants espagnols et italiens. Qui dit italiens dit….Mafia. Le quartier gagne donc rapidement sa réputation de lieu dangereux pour les aventuriers imprudents ou nocturnes. D’où viennent tous ces bâtiments si colorés ? Et bien, en lisant l’histoire, nous apprenons que les ouvriers du quartier qui travaillaient surtout dans l’industrie bouchère (boucherie) utilisaient les restants de peinture trouvés à gauche et à droite afin de repeindre l’extérieur de leur demeure. Ce qui a donné un arc-en-ciel de couleurs qui fait aujourd’hui la réputation de La Boca.  Au centre de ce quartier, la rue Caminito, est la plus célèbre. Aujourd’hui, elle est envahie de bus de touristes qui viennent au marché ‘artisanal’ et surtout, comme nous, admirer les danseurs de tango. Trois ou quarte rues piétonnières offrent boutiques et bâtiments de toutes les couleurs (photos). 

Nous y sommes conduits, à partir de la station de métro Constitution, par un chauffeur de taxi des plus gentils et dont j’arrive à comprendre aisément l’espagnol à ma grande surprise. Il a sans doute fleuré notre accent en entrant dans la voiture et nous avons vraiment pu discuter avec lui à propos de ce quartier. Il nous laisse à La Boca et nous lui donnons rendez-vous pour nous ramener au métro à la fin de l’après-midi. 

Lorsque nous pénétrons dans le quartier, l’atmosphère nous semble des plus réjouissante. Le temps est très chaud et nous choisissons le côté de la rue à l’ombre. Boffff… ce sont des boutiques mur à mur. Pour un touriste qui arrive en Argentine et qui ne passe que quelques jours ici, ce sont les boutiques trappes à touristes typiques (babioles vendues le double et même le triple du prix pratiqué ailleurs). Pour nous qui arrivons d’un séjour de deux mois en campagne argentine, rien ne nous attire malgré l’appel des vendeuses avides de clients payants. Nous circulons quand même pour admirer les couleurs souvent psychédéliques et surtout sorties des années 30. Le décor est quand même spécial, il faut l’admettre. Souvent les arrières cours ont été converties en boutique tout comme les deuxièmes ou troisièmes étages de ces veilles bâtisses aux escaliers extérieurs, ce qui les rend encore plus séduisantes. 

Aussi, partout dans le quartier, des musiciens accompagnent les danseurs de tango. Nous jetons un coup d’œil et je prends quelques photos.  Puis, à un resto, un couple de danseurs de tango s’exécute admirablement bien. Style racé, chaleureux et invitant au point où nous choisissons ce resto pour notre dîner : le Nonno Bachicha. C’est vrai que la danseuse était jolie. On s’y installe. On y restera presque deux heures à les voir s’exécuter, à prendre des photos (voir les photos) et à jaser avec eux entre quelques danses. 

Pablo (Paul) et Julietta nous remarquent par nos applaudissements, mais aussi le fait que nous soyons dans les premiers clients à s’installer pour le dîner. J’ai donc droit à un petit pas de danse de tango et un baiser de la danseuse et à quelques poses gratuites pour mes archives photographiques. Le dîner est succulent, lequel est toujours agrémenté par leurs prouesses de danseurs de tango. Leur prestation vaut la visite à La Boca. Le restaurant se remplit en moins de deux.  Un bel après-midi, car nous estimons que La Boca, malgré sa réputation, est le coin le plus sympathique de Buenos Aires. 

Nous terminons la visite du quartier. Je reviens vers un stand occupé par un artiste, Kalman de son prénom, qui parle bien français d’ailleurs et qui fait de l’orfèvrerie. Je cherche depuis quelques jours une croix qui arbore la pierre du pays, la rodocrosita ou la pierre de l’Inca. Il me faisait une très belle croix à 70 pesos, deux fois moins qu’ailleurs. Voilà, ma croix de l’Argentine est achetée. 

Nous revenons vers le métro avec le même chauffeur de taxi qui nous avait amenés à La Roca. Très sympathique Carlos. Nous revenons à l’appart pour prendre notre petit 4 heures. Petite sieste… puis nous allons nous balader dans les rues autour du quartier. Il fait une température merveilleuse… 25oC. 

Vers 20h30… un autre taxi (par cher les taxis ici) vers le resto qui nous a été recommandé par Lux et Nicolas, le Cabrera Norte, le rendez-vous des amateurs de parilla. Ce sera notre dernier repas de viande en Argentine. Nous avons choisi le meilleur. Il faut réserver 2 ou 3 jours à l’avance.  Eh oui, il est populaire. Quand nous y arrivons, les clients font la queue aux deux restos collés côte à côte. 

On s’y installe et première impression de Diane, ça parle par gros espagnol ici. Les gens qui entourent notre table viennent de partout dans le monde. On jase avec un gars très sympathique qui vient de l’Australie. Son compagnon est de Hong kong. De l’autre côté, ce sont des Américains. C’est le rendez-vous des touristes quoi. On commence par nous amener quelques entrées et petits tapas intéressants. Nous choisissons une pièce de bœuf pour deux qui nous arrive rapidement sur une planche de bois accompagnée d’autres petits accompagnements à découvrir. Divin… la viande est… TENDRE et délicieuse. Les légumes et les fruits confits sont si finement présentés et assaisonnés que cela me donne plein d’idées pour mes fondus et raclettes. 

Nous avons une belle discussion avec notre voisin de table qui vient d’Australie. Comme nous projetons d’y aller dans quelques années, c’est le temps de le questionner sur tout et surtout sur les oiseaux, évidemment. 

Nous recevons la facture… 50 $… pour tout incluant la très bonne bouteille de vin que nous avons bu. Décidément… pas cher… une aubaine surtout que la quantité et la qualité étaient au-delà de nos attentes. 

Cela clos assez bien notre avant-dernière soirée… que oui… Demain, en principe, c’est notre dernière journée entière à Buenos Aires . Nos projetons d’aller visiter quelques autres quartiers : San Cristobal, Balvanera et le grand marché de Recoleta

Bonne nuit… Diane trouve qu’elle en aura trop à corriger. Je me limite. (sourire). Mais à la veille de terminer ce voyage qui est passé trop vite, comme Diane et moi nous nous le disions au souper ce soir. Je pense déjà à ce que nous allons en tirer, nous les petits-culs de Noranda-Nord, qui se rendus au bout du monde avant d’aller encore plus loin afin de découvrir cette merveilleuse planète qu’est la terre. Notre pays, et encore plus notre province sont devenus bien petits au fur et à mesure que nous voyageons et que nous découvrons comment d’autres peuples vivent et recherchent eux aussi le bonheur dans leur vie de chaque jour. Nous sommes si différents, vu de l’extérieur, mais aussi si semblable de l’intérieur. Il est difficile de comprendre toutes ces guerres, toutes ces luttes entre pays, quand nous rencontrons les citoyens d’autres pays et d’autres continents.   

La montagne derrière chez moi à Noranda-Nord était si loin quand j’avais 7 ou 8 ans et aujourd’hui, si loin de Sherbrooke, tout me paraît si proche. Mais le temps va si vite, aurons-nous le temps de tout savoir de ce monde qui nous entoure ? Et il me semble qu’il est si important connaître ce monde, car il nous apprend beaucoup et surtout, essentiellement, il nous apprend à l’apprivoiser et l’aimer. 

Sur cette pensée un peu philosophique, bonne nuit et si vous pensez venir un jour en Argentine, dites-vous que c’est un pays merveilleux malgré les pickpockets dans le métro et l’immensité de son territoire.  Le découvrir, c’est l’aimer. 

Bonne nuit. 

SAMEDI. LE 21 MARS… SNIF, SNIF, SNIF… 

Mon ordinateur fait encore des siennes. Je ne sais pas si mon écran va me lâcher avant la fin du voyage. Dernière journée en Argentine. La chaleur est encore au rendez-vous et elle s’installe tôt dans la journée. Il faut s’assurer que les volets de l’appartement sont bien fermés avant de quitter, car au retour en après-midi, la chaleur rend l’endroit comme un four. 

Aujourd’hui, j’ai le goût d’aller voir ce tronçon du métro qui date de 1900. En après-midi, nous irons vers Recoleta où on nous dit qu’un très grand marché public a lieu les samedis et dimanches et nous pouvons y trouver de la production artistique et artisanale à profusion. Il y a aussi quelques rues que j’aimerais visiter.  La soirée sera relaxe. J’ai acheté du filet mignon et je vais expérimenter l’usage du chimichurri, ce mélange d’épices argentines dont on se sert pour mariner la viande pour la  parilla. 

Vers 9h30, nous sommes en route vers la ligne de métro A, la première construite au début du siècle. Comme je m’y attendais, les voitures (wagons) ressemblent à celles de Paris. Les deux métros datent de la même époque. Voitures en bois, éclairage à la lampe (plafonnier) et décors d’époque. Je suis toujours impressionné comment les argentins ont pu bien préserver ce trésor culturel et en même temps qu’ils ont tant de difficulté à trouver de bons plombiers. Ce que je veux dire (et vous le remarquerez si vous visitez le pays) c’est que nous n’avons presque jamais trouvé de toilette qui n’avait pas de fuite d’eau. Un peu comme la finition dans les immeubles… les joints ne sont pas toujours bien finis, quelques tuiles sont croches, etc. 

Nous faisons un court arrêt à l’appartement… petit dîner sur le pouce et nous filons vers Recoleta. Diane en profite pour faire ses derniers achats et nous parcourons les centaines d’étals d’artistes et artisans en quelques heures. 

De retour à l’appartement, il fait chaud, mais on ne se plaint pas… demain nous retournons au froid… champagne time… on prend ça relaxe et nous profitons de nos dernières heures en Argentine. 

Bon petit souper. Déjà, nous avons l’impression que les vacances sont terminées. Nos valises sont presque prêtes… les sentiments leur importent peu… 

DIMANCHE, LE 22 MARS…ADIOS ARGENTINA 

8h00 AM… dernier réveil en Amérique du Sud… la seule pensée que nous avons, c’est de savoir que nous ne dormirons pas avant lundi soir à Sherbrooke. Nous quittons Buenos Aires en soirée, le vol vers Toronto dure 12 heures, 3 heures d’attente, 11/2 heures de vol… puis le trajet vers Sherbrooke… le temps de voir la petite famille de Christian…, on ne sera pas au lit avant lundi soir vers 22h00. Donc, si mon calcul est bon… ça donne presque 40 heures de veille. Dormir dans un avion de nos jours est une mission presque impossible… 

Tout est rapide en ce dimanche. Diane s’adonne au lavage, je fais un peu de nettoyage de l’appartement… nous faisons les dernières courses entre deux brassées… nous finissons les valises et le temps de le dire… les gens qui nous ont loué l’appartement sont sur place ainsi que le taxi qui nous amènera à l’aéroport. Nous sommes comme sur le pilote automatique. 

Toute notre énergie est concentrée sur le retour. Nous quittons Lux et Nicolas ainsi que la mère de la propriétaire en leur disant comment nous avons apprécié leur accueil et surtout les petites attentions qu’ils nous ont accordées tout au cours de notre semaine à BA. Vraiment… ce sont des gens à recommander pour les touristes québécois qui séjourneront dans cette ville. 

Je suis surpris de constater, sur notre chemin vers l’aéroport, où se cachaient tous les argentins le dimanche, tellement la ville était vide. Ici, dans les champs, de chaque côté de l’autoroute. Ils stationnent leurs autos,  sortent leur BBQ, leurs chaises et table et font le pique-nique avec toute
la famille. On joue au foot, on trinque, on jase…on est à
la campagne. Ah ! Ces argentins…pas compliquée la vie. 

L’avion décolle et le seul sentiment qui me vient… il me semble que nous venons à peine de débarquer dans ce pays que nous voilà reparti. 63 jours qui ont passé avec une rapidité telle que déjà… il ne reste que des souvenirs de ce long séjour. 

Le retour vers le Canada me semble moins pénible que le voyage vers l’Argentine. Nous avons à peine somnolé. Nous savions un peu plus à quoi nous attendre et ça nous a mieux préparés psychologiquement au long trajet. 

Voilà le Canada… nous sommes de retour. 

L’an prochain… l’Afrique… 

CONCLUSION 

Comment conclure ce séjour dans cet immense pays qu’est l’Argentine. 

L’Argentine, c’est avant tout un immense pays. Lorsque nous avons voyagé un peu en Amérique latine ou en Amérique centrale, nous croyons retrouver un peu de cette culture en Amérique du Sud. Le dépaysement n’est pas du tout culturel, à part de la langue évidemment, il l’est davantage sur le plan géographique. L’Argentine, ce n’est pas un pays, mais un continent. Traverser l’Argentine, c’est avant tout  un ‘road trip’. Traverser l’Argentine, c’est aller à l’aventure et la découverte de paysages fabuleux et uniques. 

L’Argentine, c’est aussi les contrastes frappants, choquants même. C’est la richesse qui côtoie la grande pauvreté.  C’est l’absence presque totale de filet social qui fait que des enfants de 3 ou 4 ans apprennent de leurs parents le métier de mendiants ou de voleurs… et ils ont rarement la peau blanche. Ces peuples déracinés, dépersonnalisés qui semblent errer dans une ville trop grande pour eux, du ciment trop dur pour eux et l’espoir absent pour eux. C’est cette misère, que je n’avais pas vue au Costa Rica, qui m’a le plus frappée en Argentine. 

L’Argentine, c’est aussi un pays qui se relève, péniblement, mais sûrement, d’une crise qui l’a marqué au point où ses citoyens ne croient plus dans leur gouvernement et leurs politiciens. L’impression que nous avons c’est que le chacun-pour-soi s’est imposé avec le temps. La loi du ‘sauve-qui-peut ’. Alors, on ne paie pas ses factures d’eau, ni ses impôts et les contrôles gouvernementaux sont presque absents. Un pays qui doit rebâtir la confiance des citoyens envers ses élus… est un pays fragile sur le plan social. 

Au-delà de cette réalité, votre regard est aussi touché, ébloui et admiratif devant la nature démesurée de l’Argentine. La visiter en voiture, c’est la liberté de nos choix, mais aussi la proximité avec les richesses que nous offre le pays. 

Nous en revenons riches d’une expérience qu’aucun livre ou tour guidé n’aurait pu nous offrir. Nous avons découvert l’Argentine à la ‘dure’ comme diraient les Français. Les mots ‘aller à l’aventure’ se prêteraient bien pour décrire notre choix de voyage.  La langue n’est pas une barrière quand nous décidons de nous ouvrir à l’inconnu. Nous nous sommes ouverts à l’Argentine et c’est cette ouverture qui a rendu notre séjour avant tout une expérience humaine plutôt qu’uniquement touristique. Nous avons vécu l’Argentine et pas seulement parcouru.   

J’ai vieilli d’une année à Ushuaia… la ville la plus au sud de la terre… une ville qui me paraissait si loin lors de notre départ le 18 janvier dernier. Maintenant, Ushuaia ne sera plus jamais au bout du monde tout près bien classé dans mes souvenirs. 

Voilà pourquoi les voyages rapprochent tant les hommes. Les distances géographiques disparaissant, les différences entre eux disparaissent en même temps. 

À l’an prochain… en Afrique.

 

 

 

 

 

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